L’offre, la demande…
… et la connaissance du marché.
Comment un prix est déterminé ?
De différentes manières me direz vous. Il peut être déterminé totalement arbitrairement : “je vends tel objet à tel prix”, le prix étant fixé dans ce cas sans tenir compte d’aucun critère. Le vendeur malin aura vite compris qu’il ne s’agit en aucun cas de la meilleure des manières.
Le prix me également être fixé… par la Loi ! Le législateur pouvant alors décider que tel produit couterait tel prix, ce prix pouvant alors être supérieur ou inférieur au prix qu’aurait fixé le marché.
Le prix peut également être “partiellement” fixé… c’est ainsi le cas des franchises qui communiquent sur un “prix maximum conseillé”, le franchisé ne pouvant alors dépasser ce fameux prix…
Il existe bien entendu d’autres manières de fixer un prix. Néanmoins, la méthode la plus répandue, tout au moins, la méthode la plus connue est celle de la fixation du prix par le marché, le prix étant fixé à l’équilibre entre l’offre et la demande. Toute personne ayant du fixer le prix d’un produit, que ce soit un professionnel aguerri ou un simple vendeur lors d’une foirfouille c’est un jour posée la question de la valeur de son objet au regard du nombre de personnes intéressées par celui-ci et au regard du nombre d’objets identiques ou similaires vendus à ces mêmes personnes.
Pourtant, bien souvent, on a tendance à oublier qu’un troisième facteur peut intervenir : la connaissance du marché. Bien souvent, ce critère est écarté car on a l’impression que cette connaissance du marché, du produit vendu, est universelle. On pense que l’acheteur connaît la valeur intrinsèque du produit vendu.
Internet est effectivement passé par là. Aujourd’hui, une simple recherche permet de découvrir le juste prix… Pourtant, dans la vraie vie, cette connaissance du marché n’est pas aussi aisée. Plutôt que de vous faire un long discours insupportable pour illustrer mon propos, je vais plutôt essayer de retracer la discussion que j’ai suivi, ébahie, dans mon TGV tout à l’heure.
Tout commençait pourtant très mal. Une rame surchargée. Un billet de train frappé d’un numéro de place à bannir : une place à 4. Par chance, personne en face de moi. Je pourrai détendre mes jambes.
A coté de moi : une personne agée d’une cinquantaine d’années, portant un superbe costard, une cravate assortie. En face, en tenue chic mais décontractée, un autre monsieur, deux fois plus jeune que le premier. Entre les deux… (un peu de suspens)… un ordinateur.
L’ordinateur, d’un blanc nacré, appartient à celui que j’appellerai “le jeune” dans la suite de ce récit.
Alors que le tgv roule à vive allure depuis plusieurs minutes, je sens l’ennui monter. Etant un Geek ayant oublié avant de partir de se poser la moindre question existentielle, je n’avais désespérément rien à faire, si ce n’est m’intéresser aux personnes m’entourant.
De toute évidence, il n’y avait rien de passionnant. Certains dormaient. D’autres lisaient. Certains pianotaient sur leur clavier tout comme le faisait mon cher voisin, alias le jeune.
Plongé dans un ennui que je pensais sans fin, la personne à mes cotés, que j’appellerai désormais “le moins jeune”, interpelle soudainement le jeune.
“Votre ordinateur est vraiment petit. Il s’agit d’un vrai ?”
Tout sourire, le jeune s’empressa de répondre :
“Tout à fait ! Outre une taille vraiment minuscule et un poids plume, il a toutes les fonctions que devrait avoir n’importe quel Pc : silencieux, puissant, équipé d’une webcam pour les confcall… je ne m’en sépare jamais
- Et il va sur Internet ?
- (tout sourire) bien sur ! Au bureau, je me connecte par le réseau et quand je suis dehors j’utilise le wifi. Ca marche aussi dans le train.
- Dans le train ?
- Oui regardez.
S’en suit une interminable discussion entre de toute évidence un geek munis de talents indéniables de commercial et une personne peu enclin à l’informatique mais voyant dans cet ultra portable une solution aux douleurs imposées par son transportable présent dans sa sacoche, sacoche qui s’apparentait d’ailleurs plus à une valise.
“Et vous avez acheté ça où ?
- Au Japon. Mon frère vit là bas. Je m’y rends assez régulièrement. Je m’y rends d’ailleurs la semaine prochaine.
- Ils ont bien de la chance les Japonais. Tous ces produits qu’ils ont et que nous n’avons pas. Je me souviens que dans les années 70, j’avais acheté pour quelques dizaines de francs une calculatrice alors qu’ici cela valait encore une fortune.
- Effectivement, le Japon est merveilleux pour qui s’intéresse aux nouvelles technologies…”
Vous avez deviné la suite ? Quelques minutes plus tard, le jeune proposait au moins jeune de lui vendre son ultra portable ou s’il en préférait un neuf de lui en ramener un du Japon.
“Et combien le vendriez vous ?
- Je ne sais pas. Je l’ai payé le moins dernier 1200 euros. Mais d’un autre coté, c’est le tarif japonais. Ici en France, en importation, il est impossible de le trouver à moins de 2000 euros, surtout avec le clavier azerty comme le mien.
- Oui je comprends”.
S’en est suivie une discussion sur le prix au Japon, le prix en France, la dévaluation ou non des ordinateurs, la rareté du produit… Bref, une discussion autour de l’offre et de la demande. Je n’ai malheureusement pas pu voir si le jeune arriva ou non à vendre son ultra portable, puisque descendant avant eux. Toujours est-il que lorsque je les quittais en pleine négociation, le prix avait été négocié par le moins jeune aux alentours des 900 euros.
Une belle affaire devait-il se dire… Un produit rare. Un beau produit. Sans aucun doute, un produit cher.
Ah si seulement il avait mieux connu le marché. Sans doute aurait-il pu savoir que dans toutes les bonnes boutiques en France, il aurait pu trouver son ultra portable blanc nacré (ou noir d’ailleurs) pour seulement 299 euros. Et oui… il n’y a pas qu’au Japon qu’on trouve des Eee Pc…
Ps : il faudra suivre dans les prochains jours si sur le site Vie de Merde on ne trouve pas le récit d’une personne ayant acheté à prix d’or un Eee Pc ;) .

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